Bronchiolite : quand faut-il s’inquiéter ?
La bronchiolite est une maladie très fréquente chez le nourrisson. Elle guérit le plus souvent en quelques jours sans complication. Il faut néanmoins surveiller l'apparition de signes de gravité et faire alors appel au médecin qui évaluera la nécessité d'une hospitalisation. Les enfants les plus fragiles doivent être pris en charge dès le début de la bronchiolite.
Une maladie bénigne qu'il faut pourtant bien surveiller
Chez un enfant de moins de 2 ans qui présente un rhume, l'apparition d'une respiration rapide et sifflante avec de la toux évoque le début d'une bronchiolite. Des mesures simples (lavage du nez, repas plus fréquents, aération de la chambre...) suffisent habituellement à passer le cap des 4 premiers jours, après lequel les signes respiratoires commencent à diminuer.
Certaines manifestations sont à surveiller car elles peuvent annoncer une forme grave de bronchiolite et imposent de faire appel au médecin :
- une accélération importante de la respiration (1 inspiration par seconde) qui peut devenir irrégulière avec des pauses,
- un refus du biberon (moins du tiers du biberon lors de 3 biberons successifs),
- un changement de comportement,
- une diarrhée brutale qui entraîne un risque de déshydratation,
- une température supérieure à 38,5°C.
Quand l'hospitalisation est-elle nécessaire ?
La décision d'hospitaliser l'enfant repose sur une évaluation globale de la situation par le médecin : signes de complications (manque d'oxygène qui se traduit par une coloration anormale de la peau, déshydratation, fièvre élevée, altération de l'état général), fragilité particulière du nourrisson, difficulté de surveillance par la famille, éloignement de l'hôpital...
L'hospitalisation peut être très courte, pour effectuer une radiographie pulmonaire et contrôler la saturation du sang en oxygène. Elle peut être prolongée si la surveillance doit être poursuivie ou si une complication doit être traitée.
Les enfants fragiles dont l'hospitalisation s'impose même sans signe de complication sont les tout-petits (moins de 6 semaines), les enfants nés prématurément avant 34 semaines d'aménorrhée (arrêt des règles) et ayant un âge corrigé de moins de 3 mois (calculé à partir de la date à laquelle l'enfant aurait dû naître), ceux qui présentent une atteinte pulmonaire chronique, une maladie cardiaque congénitale ou un déficit des défenses immunitaires.
Références :
1- Bourrillon A : Bronchiolites aiguës du nourrisson. La revue du praticien 2007 ; 57 (15 novembre) : 1902-08.
2- Conférence de consensus : Prise en charge de la bronchiolite du nourrisson. Recommandations ANAES, septembre 2000.
3- D'après la communication de Gold F. Bronchiolite à virus respiratoire syncytial : formes respiratoires sévères observées chez les nourrissons hospitalisés. Archives de Pédiatrie 2006 ; 20 : S8-S11.