Quels sont les examens pratiqués lors d'une infection à VRS ?
L'examen de votre médecin suffit à faire le diagnostic de bronchiolite. Celle-ci en période épidémique est le plus souvent due au virus respiratoire syncytial (VRS). Les formes bénignes habituelles sont traitées à domicile et ne nécessitent pas d'examens complémentaires. Dans les formes graves ou chez les bébés très fragiles, des examens sont effectués au moment de l'hospitalisation pour évaluer l'état de l'enfant et éventuellement confirmer la présence du VRS.
Les examens complémentaires ne sont pas utiles dans les formes bénignes habituelles
Le diagnostic de bronchiolite est évoqué, chez un enfant enrhumé, devant l'apparition d'une respiration rapide et sifflante avec une toux et souvent des difficultés à s'alimenter. En période épidémique, d'octobre à mars/avril, plusieurs virus peuvent entraîner des bronchiolites mais le VRS est de loin le plus fréquent.
Le plus souvent il n'existe pas de signes de gravité à l'examen du médecin. Aucun examen complémentaire n'est alors nécessaire, d'autant qu'il n'existe pas de traitement curatif spécifique du VRS. La prise en charge peut être réalisée à domicile par la famille, sous réserve d'une bonne surveillance. Enfin, le meilleur moyen d'éviter les infections à VRS est de respecter des mesures de prévention et d'hygiène simples comme le lavage des mains par exemple.
Le bilan des formes graves est réalisé lors de l'hospitalisation
Si des signes de gravité apparaissent ou si l'enfant présente des risques particuliers (moins de 6 semaines d'âge, prématurité, maladies pulmonaires chroniques, malformations cardiaques congénitales, déficit immunitaire, ...), l'hospitalisation permet d'effectuer un bilan :
- la saturation du sang en oxygène est mesurée par un oxymètre de pouls, à l'aide d'un capteur posé sur la peau qui permet une surveillance régulière en évitant les prises de sang répétées. Une saturation trop basse est un critère de gravité et implique un apport d'oxygène à l'enfant.
- la radiographie des poumons confirme le diagnostic de bronchiolite et est surtout utile pour rechercher une complication comme une obstruction d'une zone localisée d'un poumon (atélectasie) ou une pneumonie.
- une prise de sang permet d'évaluer l'importance de la déshydratation et de rechercher des signes de surinfection bactérienne.
La recherche du VRS est aujourd'hui plus simple et plus rapide
- Le VRS pénètre dans l'organisme par le nez. Un prélèvement des sécrétions nasales pourra se faire par simple lavage du nez.
- La méthode la plus simple et la plus utilisée aujourd'hui pour retrouver la présence du virus est la recherche de ses antigènes (protéines caractéristiques reconnues par des anticorps). Certains tests de diagnostic rapide permettent l'identification du VRS en 15 minutes, mais manquent de sensibilité.
- Une autre méthode, très sensible, consiste à rechercher la présence de matériel génétique du VRS et éventuellement de plusieurs autres virus simultanément, mais elle n'est effectuée que dans certains laboratoires.
A l'heure actuelle, ces examens ne sont réalisés que chez les enfants hospitalisés et sont surtout utiles pour surveiller l'évolution de l'épidémie.
Références :
1) « Conférence de consensus : Prise en charge de la bronchiolite du nourrisson. Recommandations ANAES, septembre 2000 ».
2) Recommandations du groupe de travail de pneumologie pédiatrique : « Traitement de la bronchiolite aiguë du nourrisson ». Paediatrica 2003 ; 14(6) : 22-5.
3) Leruez-Ville M : « Diagnostic virologique des infections respiratoires ». Revue française d'allergologie et d'immunologie clinique 2006 ; 46 : 538-42.
4) Bourrillon A : « Bronchiolites aiguës du nourrisson ». La revue du praticien 2007 ; 57 (15 novembre) : 1902-8.
5) Freymuth F et al: « Moyens diagnostiques des infections virales respiratoires aiguës hautes et basses. » La revue du praticien 2007 ; 57 (15 novembre) : 1876-81.