Les premiers jours
Une atmosphère « particulière »
S'il ne nécessite pas d'assistance respiratoire, Mathieu est cependant entouré de nombreuses machines et reçoit régulièrement des soins destinés notamment à contrôler sa respiration et la qualité de sa digestion. Pourtant, pour les nouveaux parents, ce ne sont pas les soins reçus par Mathieu qui sont le plus précisément restés dans leur mémoire, mais plus certainement « tout l'environnement du service de réanimation ». Comme de nombreux parents d'enfants nés prématurés, Bertrand évoque en premier lieu les « constantes sonneries des machines ». « Dès que l'une d'entre elles sonnait, nous nous étonnions de ne pas voir arriver immédiatement les infirmières. Mais lorsque nous les interrogions, elles nous rassuraient en nous indiquant que ce n'était pas une sonnerie inquiétante, alors que pour nous, elles l'étaient évidemment toutes ! ». L'atmosphère même du service de réanimation est « particulière », surtout pour la jeune maman, peu habituée aux hôpitaux et qui supporte mal d'être plongée dans un univers qui laisse constamment « l'impression que l'enfant est malade ». Bertrand n'a pas oublié le nourrisson qui dormait dans la couveuse située juste derrière Mathieu. « Il pesait 800 grammes : à côté j'avais l'impression que Mathieu était particulièrement vaillant. Mais pour les parents, c'était très difficile, la première fois qu'elle est venue voir son bébé, la mère est repartie en pleurant ».
Blouse et chaussons stériles de rigueur !
Pour Claire et Bertrand, la situation est très différente, même si l'inquiétude est vive. Chez la mère de Mathieu, elle est attisée par la lecture sur internet de forums particulièrement alarmants et qui ne lui permettent pas d'apprécier lucidement la situation de Mathieu. Bientôt, ses craintes vont se dissiper. Deux jours après la naissance, la maman, évidemment habillée d'une blouse et de chaussons stériles, peut en effet venir voir son bébé. Si les parents ne peuvent encore toucher le nouveau-né qu'à travers la couveuse, ces premiers contacts sont très importants, notamment pour diminuer leur appréhension . « Nous pouvions venir voir Mathieu tous les jours et constamment, sauf pendant les soins médicaux. Dès le troisième jour, nous avons pu participer aux soins de confort avec les infirmières. Claire ne pouvait pas allaiter, mais on lui a conseillé de tirer son lait, ce qu'elle a fait... même si ce n'était pas forcément facile pour elle ! », explique le papa de Mathieu. Claire et Bertrand ont également été invités à partager une expérience de « peau à peau » avec leur bébé, afin de nouer leurs premiers liens avec leur enfant et gommer autant que possible l'angoisse inévitablement présente dans le service de réanimation.