Comment veiller sur mon enfant lorsqu’il est hospitalisé ?
L’hospitalisation de son enfant suscite nécessairement une grande anxiété chez les parents. De très nombreux sentiments se mêlent alors : de la culpabilité au désarroi. La pensée d’une séparation avec son enfant malade accroît souvent l’angoisse ressentie par les adultes. Ces derniers peuvent également connaître un sentiment d’impuissance face aux craintes et plus encore à la douleur de l’enfant. Ces attitudes sont normales, mais ne doivent pas empêcher les parents de continuer à jouer leur rôle pendant toute la durée de l’hospitalisation.
L'accompagnement des parents à l'hôpital est aujourd'hui de plus en plus souhaité par les professionnels de santé eux-mêmes. En effet, si les soignants exprimaient auparavant de grandes réticences face à l'intervention des parents, ils sont aujourd'hui de plus en plus soucieux de leur accorder une véritable place, même si des difficultés peuvent encore exister.
Les droits de l'enfant (et des parents) à l'hôpital
Plusieurs textes garantissent les droits des patients à l'hôpital. En 1988 a ainsi été adoptée par la première conférence des associations « Enfant à l'hôpital », la Charte des droits de l'enfant hospitalisé (EACH). Dix articles composent ce document, dont plusieurs concernent le rôle et la présence des parents.
L'article 2 précise ainsi clairement :
« Un enfant hospitalisé a le droit d'avoir ses parents ou leur substitut auprès de lui jour et nuit, quels que soient son âge et son état ».
Il a été précisé par la suite que le « droit d'un enfant à avoir ses parents » auprès de lui doit être possible « sans aucune restriction ». Ainsi, les parents doivent pouvoir veiller sur l'enfant hospitalisé en permanence et notamment :
- pendant la nuit
- pendant des soins ou des examens
- au moment de l'induction de l'anesthésie et au moment du réveil
- pendant des périodes de coma ou d'inconscience
Cependant, pour des questions pratiques, cette présence constante de la maman et/ou du papa ne peut pas toujours être assurée.
Pour autant, les professionnels de santé doivent encourager les parents à veiller sur leur enfant, pendant les soins, comme le précise l'article 3 de la Charte, qui indique qu'il devra être mis à la disposition des parents « toutes les facilités matérielles ». Il a même été ajouté que des infrastructures doivent être mises en place afin de permettre aux parents de rester auprès de leur enfant, ce qui inclut un lieu pour dormir. Dans l'esprit des rédacteurs de la charte, ces moyens doivent être mis à la disposition des familles gratuitement, de même que doivent être proposées des aides financières aux parents qui le nécessitent ou qui devraient interrompre leur activité professionnelle.
Sur le terrain : quel hébergement pour les parents ?
Si la situation idéale prônée par la Charte des enfants hospitalisés veut que les parents puissent être présents auprès de leur enfant, même la nuit, cet objectif ne peut être toujours atteint. En France, de nombreuses solutions d'hébergement existent cependant.
- Il peut s'agir d'un accueil en dehors du service, dans une maison de parents, un foyer d'accueil ou un hôtel hospitalier (c'est souvent un hôtel situé à proximité de l'établissement, qui a passé un contrat avec ce dernier)
- L'accueil peut se faire à l'intérieur du service, dans une chambre parent-enfant, grâce à un lit d'appoint, un fauteuil inclinable, voire un matelas
- Enfin, les parents ne peuvent pas toujours passer la nuit à proximité du petit malade, mais une salle de détente ou d'allaitement peut être mise à leur disposition
La diversité des solutions dépend souvent de la taille de l'établissement, les hébergements seront plus nombreux dans les hôpitaux universitaires. Par ailleurs, dans certains services, il est plus difficile de dormir auprès de son bébé : c'est le cas dans les services de néonatologie et de soins lourds. Enfin, il n'est pas rare que les services proposent des chambres « parent-enfant » par ordre de priorité. Les critères de choix sont ainsi souvent (mais pas nécessairement) l'allaitement, la gravité de la pathologie et l'éloignement du domicile.